22 févr. 2015

Article Nucléaire_Types d’essais nucléaires

Des explosions nucléaires ont été effectuées dans tous les environnements: au sol, sous terre,  sous l’eau et dans l’espace. 
Des bombes ont été jetées du haut de tours, sur des barges, pendues à des ballons, sur la surface terrestre, sous l’eau jusqu’à des profondeurs de 600 mètres, sous terre jusqu’à des profondeurs de plus de 2 400 mètres, et dans des tunnels horizontaux. Des bombes ont été larguées par des avions et tirées par des roquettes jusqu’à 200 miles (322 km) dans l’atmosphère.


Essais atmosphériques (dans et au-dessus de l’atmosphère)
Les essais atmosphériques sont des explosions qui ont lieu dans, ou au-dessus de l’atmosphère. En tout, des plus de 2 000 bombes nucléaires ont explosé entre le 16 juillet 1945 (États-Unis d'Amérique) et le 29 juillet 1996 (Chine).
25% d’entre elles ont été effectuées dans l’atmosphère : plus de 200 par les États-Unis d'Amérique, plus de 200 par l’Union Soviétique, plus de 20 par la Grande-Bretagne, environ 50 par la France et plus de 20 par la Chine.

La préoccupation internationale sur les retombées nucléaires résultant d’essais atmosphériques a escaladé dans le milieu des années 1950. 
En mars 1954, les États-Unis d'Amérique ont testé leur bombe à hydrogène à Castle Bravo, dans les Îles Marshall du Pacifique. L’essai Bravo a causé le pire désastre radiologique de l’histoire des essais des États-Unis d'Amérique. Par accident, des citoyens locaux sur les Îles Marshall, des soldats de l’armée américaine postés sur l’atoll Rongerik, et le Lucky Dragon, un chalutier japonais, ont été contaminés par les retombées.

Les tests d’armes nucléaires ont été effectués dans tous les environnements au niveau du sol, sous terre et sous l’eau.

Les essais nucléaires ont été interdits en 1963 par le Traité d’Interdiction partielle des essais nucléaires. 
Les négociations répondaient largement à la sérieuse préoccupation de la communauté internationale sur les retombées radioactives résultant des essais atmosphériques. Les États-Unis d'Amérique, l’Union Soviétique et le Royaume-Uni devinrent Parties à ce Traité, mais ni la France ni la Chine ne le signèrent. La France a effectué son dernier essai atmosphérique en 1974, la Chine, en 1980.

Les stations de systèmes de surveillance internationale SSI de l’OTICE sont utilisées pour détecter les explosions nucléaires par un suivi d’ondes sonores à basses fréquences dans l’atmosphère. 
Les stations SSI radionucléides de l’OTICE sont conçues pour détecter les particules radioactives émanant d’un essai nucléaire.


Les essais sous-marins 
Les essais sous-marins sont des explosions effectuées sous l’eau ou près de la surface de l’eau. 
Relativement peu d’essais sous-marins ont été effectués. Le premier essai nucléaire sous-marin – Opération Crossroads – a été effectué par les États-Unis d'Amérique en 1946 sur SON SITE d’essai du Pacifique sur les Îles Marshall, dans le but d’évaluer les effets des armes nucléaires utilisées contre les navires. Plus tard, en 1955, l’Opération Wigwam des États-Unis d'Amérique a effectué un seul essai nucléaire sous-marin à une profondeur de 600m pour déterminer la vulnérabilité des sous-marins aux explosions nucléaires.

Des explosions nucléaires sous-marines proches de la surface de l’eau peuvent disperser de grandes quantités d’eau et de vapeur radioactives, contaminant les bateaux, les constructions et les individus présents à proximité.

Les essais nucléaires sous-marins ont été interdits en 1963 par le Traité Partiel des essais nucléaires. 
Les stations SSI hydroacoustiques de l’OTICE sont les plus aptes à détecter les explosions nucléaires sous-marines.

25% des 2 000 explosions nucléaires ayant eu lieu entre 1946 et 1996, c’est-à-dire plus de 500 bombes, ont été détonées dans l’atmosphère.


Les essais souterrains
Dans les essais souterrains, les explosions nucléaires sont effectuées à des profondeurs variées sous la surface de la terre. 
Ils incluent la majorité (environ 75%) de toutes les explosions nucléaires détonées pendant la Guerre Froide (1945-1989); soit plus de 800 de tous les essais effectués par les États-Unis d'Amérique et presque 500 de tous les autres essais effectués par l’Union Soviétique.

Quand l’explosion est entièrement contenue, un essai nucléaire souterrain émet une quantité négligeable de retombées par rapport à un essai atmosphérique. Toutefois, si les essais nucléaires souterrains percent à la surface, ils peuvent produire une quantité considérable de débris radioactifs. Un essai souterrain est normalement évident par l’activité sismique produise par dispositif nucléaire.

Les essais nucléaires souterrains ont été interdits en 1996 par le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, qui interdit toutes les explosions nucléaires sur la terre.

75% de toutes les explosions nucléaires ayant eu lieu pendant la Guerre Froide ont été effectuées sous terre.


Les stations SSI sismiques de l’OTICE sont utilisées pour détecter les explosions nucléaires souterraines. 
Les données sismiques sont combinées avec des données radionucléides. Seule la technologie radionucléide peut déterminer si une explosion est d’origine nucléaire; ses stations et ses laboratoires éparpillés dans le monde surveillent la présence de particules et/ou de gazes rares dans l’atmosphère.

21 févr. 2015

Article Nucléaire_Principaux accidents nucléaires majeurs (niveau 4 à 7)


Principaux accidents nucléaires majeurs (niveau 4 à 7) connus à ce jour. Liste non exhaustive
Un accident nucléaire, ou accident radiologique, est un événement qui entraîne une émission de matières radioactives ou un niveau de radioactivité susceptible de porter atteinte à la santé publique, ou encore qui endommage gravement le cœur d'un réacteur, ou provoque la mort par exposition d'un travailleur.

Les « accidents nucléaires » peuvent survenir dans un site de l'industrie électronucléaire (une usine d'enrichissement de l'uranium, une centrale nucléaire, une usine de traitement du combustible usé, un centre de stockage de déchets radioactifs) ou dans un autre établissement exerçant une activité nucléaire (site militaire, hôpital, laboratoire de recherche, etc.), ou encore dans un sous-marin, porte-avions ou brise-glace à propulsion nucléaire. Les accidents peuvent aussi se produire lors des transports de matières radioactives (notamment à usage médical, mais également combustible nucléaire, déchets radioactifs ou armes nucléaires).


L'Agence internationale de l'énergie atomique a mis en place l'échelle INES pour qualifier la gravité d'un événement lié au nucléaire. 
Elle est utilisée au niveau international depuis 1991. Graduée selon 8 niveaux (de 0 à 7), elle se base sur des critères objectifs et subjectifs pour caractériser un événement. 

Elle ne s'applique qu'aux événements civils (elle ne s'applique pas aux accidents et incidents nucléaires militaires, ni aux faits de guerre ou de terrorisme). 

Dans certains cas, ces accidents ont causé des maladies et/ou des décès par contamination radioactive. D'autres cas ont causé des rejets accidentels de matériaux radioactifs, sans que des effets sanitaires n'aient pu y être formellement reliés. D'autres encore n'ont pas causé de contamination, et sont mentionnés ici à cause des tensions qu'ils ont suscitées (collisions entre des sous-marins nucléaires, par exemple). Certains états ne communiquent pas sur les accidents nucléaires. 

Certains accidents sont couverts par le Secret Défense ; leurs circonstances et leur gravité (pas de classement selon l'échelle INES) ne sont pas connues avec précision. 


Nature des accidents 
Cette liste d'accidents nucléaires recense les accidents connus impliquant du matériel nucléaire.

Accidents dans des centrales nucléaires de production d'électricité  
Accidents liés à l'industrie civile du combustible et des déchets 
Accidents dans le domaine de la recherche 
Accidents liés à l'utilisation de sources radioactives en médecine et dans l'industrie 
Accidents dans le domaine militaire : accident sur des unités de production de plutonium, accident lors d'essais nucléaires, accident sur des armes en service, accident sur des réacteurs de propulsion navale et Pollutions nucléaires.


Principaux Accidents majeurs connus  -  Niveau 7
Catastrophe de Tchernobyl : Ukraine (URSS à l'époque), 1986. 
Accidents dans des centrales nucléaires de production d'électricité
L'accident est survenu dans la centrale nucléaire Lénine située sur les rives du Dniepr à environ 15 km de Tchernobyl et 110 km de Kiev, près de la frontière avec la Biélorussie. À la suite d'une série d'erreurs humaines et en raison de défauts de conception, la réaction nucléaire au cœur du réacteur n°4 s'emballe, conduisant à l'explosion non-nucléaire du réacteur et à la libération de grandes quantités de radio-isotopes dans l'atmosphère. Les autorités évacuent environ 250 000 personnes de Biélorussie, de Russie et d’Ukraine. Plusieurs centaines de milliers d'ouvriers (600 000 environ), les « liquidateurs » sont venus d'Ukraine, de Biélorussie, de Russie et d’autres républiques soviétiques pour procéder à des nettoyages. 

Accidents nucléaires de Fukushima à Okuma : Japon, le 11 mars 2011. 
Accidents dans des centrales nucléaires de production d'électricité 
Une explosion dans le bâtiment abritant le réacteur no 1 de la centrale de Fukushima Dai-ichi détruit le toit et la structure supérieure de ce bâtiment, blesse au moins quatre employés, alors qu'une hausse de la radioactivité est déjà mesurée aux alentours du site, vraisemblablement à la suite des vapeurs et gaz relâchés par mesure de sécurité pour refroidir le réacteur. L'explication de l'explosion pourrait être la suivante : à la suite d'un début de fusion du cœur, le niveau de température très élevé amène à la formation d'hydrogène (par réaction chimique d'oxydation des gaines du combustible en Zircaloy avec l'eau) ; c'est cet hydrogène, présent dans les gaz relâchés hors du réacteur, qui aurait provoqué l'explosion. De la même façon, le lendemain, la structure du réacteur no 3 a explosé et le réacteur no 2 a perdu tout son liquide de refroidissement, laissant présager la fusion du cœur du réacteur no 215,16. Classé dans un premier temps au niveau 4, cet accident majeur a été relevé au niveau maximum de l'échelle internationale le 12 avril 2011. 

Principaux Accidents graves connus  -  Niveau 6   
Catastrophe de Kychtym : Union soviétique, 1957. 
Accidents dans le domaine militaire / Accident sur des unités de production de plutonium
L'accident est survenu dans le complexe nucléaire Mayak à Kychtym non loin de la ville de Tcheliabinsk en URSS, il a entraîné des rejets radioactifs très importants en dehors du site, au moins 200 personnes périrent, les mesures d'urgence ont comporté une évacuation d'environ 10 000 personnes et une zone interdite de 250 km2. L'accident est tenu secret par le régime soviétique, les premières informations ne seront révélées qu'en 1976 par le biologiste soviétique Jaurès Medvedev immigré en Angleterre. 

Principaux Accidents sérieux connus  -  Niveau 5  
Rivière Chalk, Ontario : Canada, 1952. 
Accidents dans le domaine de la recherche 
Dans les laboratoires nucléaires de Chalk River, une perte subite de l'eau de refroidissement au cœur d'un réacteur expérimental NRX provoqua une grande impulsion de puissance. Des explosions en série s'ensuivirent, elles propulsèrent le toit de l'enceinte de confinement des gaz qui demeura enfoncé dans la superstructure. Des fuites de gaz et de vapeurs radioactives dans l'atmosphère se produisirent, elles furent accompagnées par le déversement de 4 000 mètres cubes d'eau dans des tranchées peu profondes non loin de la rivière des Outaouais. Le cœur du réacteur étant totalement anéanti, il fallut l'enterrer en tant que déchet radioactif. 

Windscale : Grande-Bretagne, 1957. 
Accidents dans le domaine militaire / Accident sur des unités de production de plutonium 
L'accident est survenu à l'usine de traitement de Windscale, un incendie dura plusieurs jours, pendant lesquels 7,4×1014 Bq d'iode radioactif (iode 131) ont été rejetés à l'extérieur. Le nuage radioactif a ensuite parcouru l'Angleterre, porté par les vents, puis touché le continent européen sans que la population française ne soit avertie. La consommation de lait a été interdite pendant deux mois sur une zone de 500 km2. Après cet accident, Windscale est débaptisé et devient Sellafield.

Accident nucléaire de Three Mile Island : États-Unis, 1979. 
Accidents dans des centrales nucléaires de production d'électricité 
L'accident est survenu à la centrale nucléaire de l'île de Three Mile Island sur la rivière Susquehanna, près de Harrisburg, en Pennsylvanie. À la suite d'une panne des pompes d'alimentation en eau du circuit secondaire de l'un des réacteurs, un enchaînement de défaillances mécaniques, d’erreurs humaines, d'absence de procédure et de défauts de conception (non-prise en compte du risque de perte totale du refroidissement secondaire, défaut des soupapes de sureté du circuit primaire et absence de mesure de niveau d'eau dans la cuve du réacteur), entraîne la fusion du cœur. Malgré la gravité extrême de l’accident, l’enceinte de confinement étant restée intègre, le relâchement de produits radioactifs dans l’environnement est resté faible.

Accident nucléaire de Goiânia, État de Goiás : Brésil, 1987. 
Accidents liés à l'utilisation de sources radioactives en médecine et dans l'industrie 
Un appareil de radiothérapie, abandonné dans un ancien hôpital, est récupéré par des ferrailleurs pour la revente du métal au poids. Le césium 137, produit actif de l'appareil, est dispersé. Les gens jouent avec, attirés par la lumière bleue qu'il émet. Au moins quatre personnes décédées dans les 75 jours après la découverte, 249 personnes présentent des contaminations importantes, 49 hospitalisations, dont 21 en soins intensifs, et 600 personnes sont encore sous surveillance médicale en 2003. Il a fallu gérer 3 500 m3 de déchets radioactifs. Cet accident a été classé au niveau 5 sur l'échelle INES. Une étude épidémiologique réalisée en 2006 a étudié les conséquences de cet accident sur la survenue de cancer au sein de la population en contact avec le matériel radioactif. Aucune augmentation statistiquement significative du taux de cancer n'a été relevée. De façon étonnante la proportion de cancer y était inférieure à celle de la population contrôlée.

Principaux Accidents connus  -  Niveau 4   
Centrale nucléaire de Lucens : Lucens (Vaud, Suisse), le 21 janvier 1969. 
Accidents dans des centrales nucléaires de production d'électricité
La centrale nucléaire de Lucens était une installation nucléaire expérimentale. Lors d'un démarrage, un problème de refroidissement entraîna une fusion partielle du cœur et une contamination radioactive massive de la caverne. En 1979 un rapport conclut que la cause de l'accident fut la corrosion des équipements due à l'humidité régnant dans la caverne.

Centrale nucléaire de Bohunice, Jaslovské Bohunice : Tchécoslovaquie, 1977.   

Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) : France, le 13 mars 1980. 
Accidents dans des centrales nucléaires de production d'électricité
Dans la centrale nucléaire de Saint-Laurent, un accident conduit à la fusion de deux éléments combustibles du réacteur A2 filière UNGG (uranium naturel, graphite-gaz) d'une puissance de 515 MW. La plaque métallique de maintien des capteurs de pression du réacteur vient, à la suite de phénomènes de corrosion, obstruer une douzaine de canaux du bloc de graphite, ce qui empêche le bon refroidissement du cœur et provoque la fusion de deux éléments combustibles. Gravement endommagé, le réacteur est indisponible pendant deux ans et demi environ. C'est l'accident nucléaire le plus grave jamais répertorié pour un réacteur en France.

Village de Tōkai (Tōkai-mura), à 160 km de Tokyo au Japon, le 30 septembre 1999. 
Accidents liés à l'industrie civile du combustible et des déchets
L'introduction dans une cuve de décantation, à la suite d'une erreur de manipulation, d'une quantité anormalement élevée d'uranium (16,6 kg) dépassant très largement la valeur de sécurité (2,3 kg), est à l'origine de la réaction de criticité. Cet accident de criticité a exposé 160 riverains à des radiations importantes et tué au moins deux des ouvriers de la centrale ; à 21 h, soit onze heures après le début de l'accident, les autorités décrètent le confinement des populations dans un rayon de dix kilomètres. L'enquête sur l'accident de Tokaimura a montré que les ouvriers de l'usine, gérée par l'entreprise JCO, violaient de façon régulière les procédures de sécurité, par exemple en mélangeant l'uranium dans des bassines pour aller plus vite.

Fleurus : Belgique, 11 mars 2006.
Accidents liés à l'utilisation de sources radioactives en médecine et dans l'industrie 
Un opérateur de la société Sterigenics (Institut national des radioéléments) de Fleurus spécialisée dans la stérilisation d'équipements médicaux pénètre durant 20 secondes dans une cellule d'irradiation contenant une source scellée de cobalt 60 où aucune opération n'étant en cours, les sources radioactives auraient dû être plongées dans une piscine sous cinq à six mètres d'eau en attendant la production. Trois semaines plus tard il éprouva quelques symptômes typiques d'une irradiation (vomissement, perte de cheveux). On estime qu'il reçut une dose élevée comprise entre 4,4 et 4,8 Gy à la suite d'une défaillance du système de contrôle-commande hydraulique assurant le maintien de la source radioactive dans la piscine (l'épaisseur d'eau servant de bouclier biologique). L'opérateur passera près d'un mois à l'hôpital avant de pouvoir rentrer chez lui. Après la mise sous scellé de la cellule concernée pendant près d'un mois, l'organisme gouvernemental de contrôle AFCN en collaboration avec les auditeurs privés d'AVN et le contrôle du bien-être au travail ont imposé à Sterigenics un programme d'actions incluant la mise en place de systèmes de sécurité hydrauliques, électriques et mécaniques redondants.

Article Nucléaire_ Les essais nucléaires de 1945 à 2013



Le début de l’ère nucléaire
Les États-Unis d'Amérique ont amorcé l’ère nucléaire dans les quelques heures précédant l’aube du 16 juillet 1945, quand ils ont fait exploser une bombe atomique de 20 kilotonnes dont le nom de code était « Trinity » à Alamogordo, au Nouveau-Mexique.

Sous l’égide du « Projet Manhattan », le but initial de l’essai avait été de confirmer qu’une arme nucléaire de type implosion était faisable. Il donnait aussi aux scientifiques et à la force militaire des États-Unis d'Amérique une idée de la taille et les effets véritables de telles explosions nucléaires avant de les utiliser pour le combat.

Bien que l’essai Alamogordo démontra de nombreux effets de l’explosion, il ne parvint pas à aider à comprendre les retombées nucléaires radioactives, qui ne furent vraiment comprises par les scientifiques du projet que bien des années plus tard.

Les États-Unis d'Amérique ont largué deux bombes atomiques sur le Japon vers la fin de la deuxième guerre mondiale: l’une était une bombe de type arme à fission nommée « Little Boy » larguée sur Hiroshima le 6 août 1945; l’autre une bombe de type à implosion testée à Alamogordo pour la première fois un mois plus tôt et nommée « Fat man » qui fut larguée sur Nagasaki le 9 août. Ces deux bombes ont tué à elles seules quelques 220 000 citoyens japonais d’un seul coup, auxquels sont venus s’ajouter plus de 200 000 personnes mortes ultérieurement d’overdoses mortelles de radiation.


De la « guerre chaude » à la Guerre Froide
La Deuxième Guerre mondiale était à peine terminée en août 1945 qu’une course aux armes nucléaires technico-industrielles suivit entre les deux nouvelles superpuissances émergeantes, les États-Unis d'Amérique et l’Union Soviétique.
Entre 1946 et 1949, les États-Unis d'Amérique ont effectué six essais supplémentaires. Puis, le 29 août 1949, l’Union Soviétique a testé sa première bombe nucléaire, « Joe 1 ». Cet essai a marqué le début de la course aux armes nucléaires de la Guerre Froide entre les deux superpuissances.

L’Union Soviétique ayant effectué son premier essai de bombe nucléaire le 29 août 1949, la course aux armes nucléaires de la « Guerre Froide » entre l’URSS et les États-Unis d'Amérique était lancée.

Au départ, ni les États-Unis d'Amérique ni l’Union Soviétique n’avaient beaucoup d’armes nucléaires à leur disposition, leurs essais nucléaires étaient donc relativement limités. Toutefois, dès les années 1950, les États-Unis d'Amérique ont établi un site d’essai spécifique (le Site d’Essai du Nevada), et ils ont utilisé aussi les Îles Marshall (Site d’Essai du Pacifique) pour des essais nucléaires approfondis. L’Union Soviétique a aussi commencé à faire des essais à petite échelle, essentiellement à Semipalatinsk, dans la République soviétique du Kazakhstan. Des essais précoces ont été utilisés essentiellement pour déterminer les effets militaires des armes nucléaires et pour tester de nouveaux modèles d’armes.

Des tensions exacerbées et une atmosphère de peur et de méfiance envahissante ont catalysé la compétition pour construire des bombes toujours plus puissantes et sophistiquées. Pendant les années 1950, de nouveaux modèles de bombes à hydrogène ont été testés dans le Pacifique, ainsi que de nouveaux modèles et des modèles améliorés d’armes à fission.

En 1954, le Premier Ministre de l’Inde, Jawaharlal Nehru devint le premier homme d’état à demander un accord sur la non prolifération des essais nucléaires.

Le 3 octobre 1952, le Royaume-Uni est devenu le troisième pays à tester des armes nucléaires. Au départ, le Royaume-Uni testait principalement en Australie et, plus tard, aux États-Unis d'Amérique. À partir de 1958, son programme fut étroitement coordonné à celui des États-Unis d'Amérique par l’Accord de Défense Mutuelle RU-EU.


La première bombe à hydrogène
Le premier novembre 1952, les États-Unis d'Amérique devinrent le premier pays à tester une bombe à hydrogène. L’essai de Castle Bravo effectué le 1er mars 1954 produisit 15 mégatonnes.
C’était l’arme nucléaire la plus large que les États-Unis d'Amérique aient jamais fait détoner. Les atolls habités de Rongelap, Rongerik et d’Utirik furent accidentellement contaminés par des retombées radioactives, comme le fut le chalutier japonais, le Lucky Dragon. La controverse sur les retombées radioactives des activités d’essais causèrent une grande préoccupation internationale.

Le 2 avril 1954, le premier ministre de l’Inde, Jawaharlal Nehru, fut le premier homme d’état à demander un accord d’ « arrêt » des essais nucléaires. Toutefois, ceci eut peu d’effet pour arrêter les essais nucléaires extensifs qui caractérisèrent les 35 années suivantes, et qui ne s’apaisèrent qu’à la fin de la Guerre Froide à la fin des années 1980.

Entre 1955 et 1989, environ 55 essais nucléaires furent effectués chaque année. Le pic d’essais nucléaires se fit à la fin des années 50 et au début des années 60. Rien qu’en 1962, 178 essais furent effectués: 96 par les États-Unis d'Amérique et 79 par l’Union Soviétique. Cette année-là, la Guerre Froide devint presque une guerre nucléaire avec la crise des missiles de Cuba. L’année précédente, l’Union Soviétique effectua l’essai de la plus large arme nucléaire, la « Tsar Bomba », d’une production estimée de 50 mégatonnes. Elle fut testée au centre d’essai de Novaya Zemlya près du Cercle Polaire.

La France et la Chine devinrent des Nations à arme nucléaires en 1960 et 1964, respectivement, toutes deux ayant un programme nucléaire dont le but était de fournir des déterrent nucléaires crédibles. Au départ, la France fit des essais en Algérie, puis dans le Pacifique Sud. La Chine effectua tous ses essais nucléaires à Lop Nur dans la province de Xinjiang.

Le Traité d’interdiction partielle de 1963 interdit les essais nucléaires, y compris les essais à but pacifique, dans l’atmosphère, sous l’eau et dans l’espace... mais pas sous terre

Le début des années 60 vit aussi l’introduction du seul effort de limitation d’essais qui ait eu des conséquences réelles sur la façon dont les essais étaient conduits pendant la Guerre Froide. Le Traité d’Interdiction Partielle d’essais nucléaires de 1963 interdit les essais à but militaire et pacifique, dans l’atmosphère, sous l’eau et dans l’espace. Le Traité était important du point de vue de l’environnement, car il limitait les retombées radioactives étroitement associées aux essais atmosphériques, mais il eut peu d’effet sur les essais nucléaires dans leur ensemble, qui se firent largement sous terre.


Le plein essor des arsenaux nucléaires
3 000 armes à peine en 1955 à plus de 37 000 armes en 1965 (États-Unis d'Amérique, 31 000 et l’Union Soviétique, 6 000), jusqu’à 47 000 dès 1975 (États-Unis d'Amérique 27 000 et Union Soviétique 20 000), et plus de 60 000 à la fin des années 1980 (États-Unis d'Amérique, 23 000 et Union Soviétique, 39 000).

Selon l’Initiative de la Menace Nucléaire, Israël a amorcé un programme nucléaire dans les années 1950, et a complété la phase de recherche et de développement de son programme d’armes nucléaires en 1966, bien qu’il n’ait pas, du moins qu’on le sache, testé de telles armes. Israël a adopté une soi-disant « politique nucléaire d’ambigüité », ne confirmant ni ne déniant son statu nucléaire. Il n’est pas partie au Traité de Non-prolifération de 1968, et il a signé le TICE sans le ratifier. Plus d'informations sur Israël et sur le TICE EN.

L’Inde est devenue officiellement la sixième nation à développer des armes nucléaires en mai 1974, ayant alors effectué un essai nucléaire qu’elle qualifia d’explosion nucléaire pacifique.

En 1982, une nation de plus, l’Afrique du Sud, acquit des armes nucléaires, selon le Centre d’Études sur la Non-prolifération de l’Institut Monterey. Autant que l’on sache, l’Afrique du Sud n’a pas effectué d’essais nucléaires. Moins de dix ans plus tard, avec la transition tant attendue vers un gouvernement élu à la majorité, l’Afrique du Sud a démantelé toutes ses armes nucléaires, étant à ce jour la seule nation à avoir volontairement renoncé aux armes nucléaires entièrement sous son contrôle. Le démantèlement fut terminé en 1991. La même année, l’Afrique du Sud accéda au Traité de Non-prolifération de 1968 en tant d’État non possesseur d’armes nucléaires. Elle a voté majoritairement la fin de l’apartheid le 18 mars 1992.

Les essais nucléaires souterrains ont été interdits par le Traité de 1996 instaurant une interdiction complète des essais nucléaires.

Ce n’est qu’au début des années 1990 que l’on a pu noter une diminution importante des activités d’essais nucléaires et d’acquisition d’armes nucléaires parmi les États détenteurs. Le nombre total d’essais nucléaires dans le seconde partie des années 1980 fut de 174.

Les relations sont devenues plus chaleureuses entre l’Union Soviétique et les États-Unis d' Amérique à partir des années 1985. La chute du mur de Berlin en 1989, la dissolution de l’Union Soviétique, en 1991, elle-même remplacée par la Fédération russe, la Biélorussie, le Kazakhstan et l’Ukraine, qui avaient accueilli l’arsenal nucléaire soviétique, devinrent des États sans armes nucléaires sous le Traité de Non-prolifération. Le site principal d’essais, Semipalatinsk au Kazakhstan fut fermé en 1991.


Des moratoires sur les essais nucléaires
En 1990, l’Union Soviétique proposa un moratoire sur les essais nucléaires que le Royaume-Uni et les États-Unis d'Amérique approuvèrent. Ceci créa une opportunité de progrès aux partisans qui, depuis des décennies, avaient promu une interdiction complète de tous les essais nucléaires.

Cinq essais nucléaires ont été effectués entre 1998 et 2007 : deux par l’Inde et deux par le Pakistan en 1998, et un que la Corée du Nord déclara en 2006.

Le dernier essai nucléaire de l’Union Soviétique a eu lieu le 24 octobre 1990 ; celui du Royaume-Uni le 26 novembre 1991, et celui des États-Unis d'Amérique le 23 septembre 1992. La France et la Chine ont effectué leurs derniers essais en janvier et en juillet 1996 respectivement, avant de signer le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires le jour où celui-ci fut ouvert à la signature EN , le 14 septembre 1996, de concert avec les trois autres États détenteurs d’armes nucléaires ainsi que 66 autres pays. La France a fermé et démantelé tous ses sites d’essais nucléaires dans les années 1990 – c’est le seul État détenteur d’armes nucléaires à l’avoir fait à ce jour.


Violation du moratoire de fait
Environ cinq essais nucléaires ont été effectués entre 1998 et 2007: deux par l’Inde et deux par le Pakistan, ainsi qu’un que la Corée du Nord déclara en 2006, violant ainsi par deux fois le moratoire de fait établi par le TICE.

L’Inde a effectué deux essais nucléaires souterrains, « Shakti(Pouvoir) ’98 », le 11 et 13 mai 1998 sur son site d’essais souterrain de Pokhran. Contrairement aux premiers essais nucléaires effectués par l’Inde en 1974, ces essais ne furent aucunement qualifiés officiellement d’ « essais pacifiques ». Au contraire, les représentants du gouvernement ont rapidement souligné la nature militaire des explosions.

À peine deux semaines plus tard, le Pakistan a réagi en effectuant deux essais nucléaires souterrains sur son site de Ras Koh.

L’Inde et le Pakistan ont toutes deux annoncé immédiatement des moratoires unilatéraux sur les essais nucléaires et aucun autre essai n'a été effectué depuis 1998.

Plus d’information sur les essais conduits en 1998 par l’Inde et le Pakistan : Historique du Traité EN.

L’essai nucléaire annoncé par la Corée du Nord le 9 octobre 2006 a violé de fait le moratoire qui était en vigueur depuis huit ans, et est allé à l’encontre du texte et de l’esprit du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

Une fois encore, le 9 octobre 2006, l’essai nucléaire annoncé par la Corée du Nord viola ce moratoire qui était en vigueur depuis huit ans. La réponse mondiale fut une expression de préoccupation. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies condamna fermement cet acte qu’il qualifia de menace à la paix et à la sécurité internationales. Le directeur et Secrétaire Exécutif de la Commission Préparatoire pour l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), ainsi que les États signataires, exprimèrent une profonde préoccupation en ce qui concerne l’essai déclaré, et qualifié l’événement d’action contre le texte et l’esprit du TICE. Après l'essai nucléaire du 12 février 2013, le Conseil de sécurité adopta, à l'unanimité, une résolution étendant de fait les sanctions imposées à la suite des essais de 2006 et 2009.


De 1945 à et l’ouverture de la signature  du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) en 1996 : plus de 2000 essais nucléaires dans le monde
Les tests d’armes nucléaires ont été effectués dans tous les environnements au niveau du sol, sous terre, sous l’eau et dans l’espace. 
  • 25% des 2 000 explosions nucléaires ayant eu lieu entre 1946 et 1996, c’est-à-dire plus de 500 bombes, ont été détonées dans l’atmosphère.
  • 75% de toutes les explosions nucléaires ayant eu lieu pendant la Guerre Froide ont été effectuées sous terre.

  1. Les États-Unis d'Amérique ont procédé à 1 032 essais entre 1945 et 1992.
  2. L’Union Soviétique a procédé à 715 essais entre 1949 et 1990.
  3. Le Royaume-Uni a procédé à 45 essais entre 1952 et 1991.
  4. La France a procédé à 210 essais entre 1960 et 1996.
  5. La Chine a procédé à 45 essais entre 1964 et 1996.

Après l’ouverture du TICE à la signature en septembre 1996, environ une demi-douzaine d’essais nucléaires ont été effectués :
  • L’Inde a procédé à deux essais en 1998 (L’Inde a aussi effectué une soi-disante explosion nucléaire pacifique en 1974).
  • Le Pakistan a procédé à deux essais en 1998.
  • La Corée DU NORD a annoncé qu’elle avait procédé à un essai nucléaire en 2006.


EN CONCLUSION
Comment unir nos efforts pour obtenir les 8 signatures manquantes (l’Iran, les États-Unis, la Chine, Israël, l’Égypte, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord sachant que ces 3 derniers pays devant également franchir le pas de la signature) attendues depuis 18 ans pour ratifier le Traité sur l'Interdiction Complète des Essais nucléaires (TICE) afin qu’il puisse entrer en vigueur ?!

20 févr. 2015

Article Espace_Code de conduite pour les activités menées dans l’espace extra-atmosphérique 2012


La France soutient le projet engagé par l’Union Européenne de code international de conduite sur les activités spatiales, qui vise à promouvoir, par le biais de mesures volontaires de confiance et de transparence, la sécurité des activités spatiales, qu’elles soient civiles ou militaires. 


Ce projet de Code de conduite est fondé sur trois principes : 

  • la liberté pour tous d’utiliser l’espace extra-atmosphérique à des fins pacifiques
  • la préservation de la sécurité et de l’intégrité des objets spatiaux en orbite 
  • la considération de la sécurité légitime et des besoins en matière de défense des Etats.

D’importantes consultations ont eu lieu notamment depuis 2010 pour préparer l’adhésion la plus large possible de pays en dehors de l’UE. Une première réunion préparatoire a ainsi eu lieu le 5 juin 2012 à Vienne pour sensibiliser les Etats membres au projet de Code et préparer une première rencontre multilatérale d’experts qui devait se tenir au mois d’octobre 2012 à New York en marge des travaux de l’Assemblée Générale des Nations Unies (AGNU). L’objectif était, au terme d’un processus de consultations multilatérales, de tenir une conférence diplomatique ad hoc en 2013, à laquelle les Etats participeraient sur une base volontaire, en vue de la signature et de l’entrée en vigueur de ce Code international. 
A ce stade cette étape n’a pas encore été franchie et les discussions se poursuivent.


Le projet de code de conduite pour les activités menées dans l’espace extra-atmosphérique ONP n°71 - Union Européenne

Le 29 mai 2012, le Conseil de l’UE a adopté la décision 2012/281/PESC « dans le cadre de la stratégie européenne de sécurité, visant à soutenir la proposition de code de conduite international pour les activités menées dans l’espace extra- atmosphérique, présenté par l’Union ».

Cette décision, adossée à un budget de près de 1.5 millions d’euros, dont la mise en œuvre technique est confiée à l’UNIDIR, vise essentiellement à promouvoir la proposition européenne de code de conduite lancée à la fin de l’année 2008, et à coordonner un consortium d’experts non gouvernementaux sur le sujet. L’UE confirme en cela son soutien à la société civile dans la mise en œuvre de la Stratégie européenne de sécurité.

Dans la foulée de cette adoption, l’UE a officiellement entamé à Vienne le 5 juin 2012 le processus diplomatique multilatéral de discussion et de négociation sur la proposition européenne de code, à l’occasion d’une réunion multilatérale de 110 participants issus de plus de 40 Etats, sous la direction du Secrétaire général adjoint du SEAE Maciej Popowski. Une version révisée du projet de code a été alors présentée, à partir des observations faites par différents partenaires dans le cadre de réunions bilatérales. Les négociations sur la base du texte présenté par l’UE débutent ce mois d’octobre à New York dans le cadre d’une réunion multilatérale d’experts, l’objectif étant à ce jour l’adoption d’un code au cours de l’année 2013.

Rappelons que le projet de code européen remonte à l’été 2007.
Il mit très peu de temps à être formulé dans sa première version, celle-ci étant adoptée sous présidence française lors du Conseil de l’UE de décembre 2008 qui fut également l’occasion d’adopter les « New Lines for Action » destinées à nourrir la Stratégie européenne de lutte contre la prolifération des ADM de décembre 2003. L’objectif du projet de code est d’une part de conforter les conventions et instruments existants dans le sens de leur universalisation, d’autre part de codifier les bonnes pratiques en matière d’activités extra-atmosphériques, avec une insistance sur les notifications et les consultations entre Etats. Comme le formulait Xavier Paso, Maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique dans une chronique livrée dans ce bulletin en janvier 2011 (voir ONP n°56), « aujourd’hui, le contexte spatial apparaît bien différent. L’heure n’est plus à considérer l’espace comme un club très fermé, seulement réservé à quelques membres à la puissance et à l’influence indiscutée. Ce sont aujourd’hui quelques 60 pays qui possèdent au moins un satellite en orbite et 10 parmi eux sont dotés d’une capacité d’accès à l’espace. Les relations spatiales internationales s’élargissent et changent de nature. (…) A l’évidence, une escalade dans ce domaine, si elle devait avoir lieu, mettrait en péril la viabilité d’activités spatiales de plus en plus dépendantes de l’environnement orbital. » Quelles que soient les complexités réelles de négociation du projet de code européen, c’est aujourd’hui le plus avancé en matière de réglementation des activités spatiales extra-atmosphériques.

18 févr. 2015

Article Espace_ Le Cospar, Protection planétaire



COSPAR
Protection planétaire : du traité aux recommandations
Le Cospar (COmittee on SPAce Research ) prend soin de traduire les dispositions du Traité de l’espace en recommandations. Ces recommandations sont adaptées selon le type de la mission spatiale (du simple survol de l'astre à l'atterrissage d'une sonde) et selon le corps céleste exploré.





Dès 1967, sous l’égide de l’ONU, la plupart des Etats ont ratifié le Traité de l’Espace.
Des dispositions de protection planétaire figurent dans le Traité, qui stipule que les Etats «procèderont à l’exploration [de la Lune et des autres corps célestes] de manière à éviter les effets préjudiciables de leur contamination ainsi que les modifications nocives du milieu terrestre résultant de l’introduction de matière extraterrestre». 

Ces dispositions ont été rappelées par l'ONU dans le Traité sur la Lune et les autres corps célestes de 1979, puis dans la Déclaration de Vienne de 1999.


Le risque de contamination par des micro-organismes terrestres dépend en effet de leur capacité de survie au voyage et des conditions qu’ils trouveront éventuellement à l’arrivée.
Le Cospar classe les missions en 5 catégories, le plus haut niveau de précaution (catégorie 5) concerne les missions spatiales prévoyant un retour d’échantillons extraterrestres sur Terre.

Régulièrement, les scientifiques découvrent sur Terre des formes de vie dans les endroits les plus inattendus. 

Notre connaissance des corps célestes et du système solaire s’enrichissant sans cesse, le risque de contamination biologique doit être continuellement réévalué en prenant en compte ces connaissances nouvelles. 

Les recommandations sont ainsi régulièrement mises à jour, notamment lors des assemblées scientifiques du Cospar qui se réunissent tous les 2 ans.